Médecin expliquant l'anatomie de la prostate à un patient sur un écran

PATHOLOGIES & TRAITEMENTS · PROSTATE

Adénome de la prostate

Avec l’âge, la prostate grossit et peut gêner l’écoulement des urines. Ce trouble très fréquent n’est pas un cancer et se traite bien. Des médicaments aux techniques mini-invasives, nous choisissons avec vous la solution adaptée à votre prostate et à vos priorités.

Qu’est-ce que l’adénome de la prostate ?

La prostate entoure l’urètre, le canal qui conduit l’urine de la vessie vers l’extérieur. En grossissant, elle peut le comprimer, comme une pince autour d’un tuyau. On parle d’adénome, ou d’hypertrophie bénigne de la prostate.

Schéma comparant une prostate normale et une prostate augmentée de volume (adénome) qui comprime le canal de l'urètre
À droite, la prostate augmentée de volume rétrécit le canal de l’urètre, juste sous la vessie. Schéma d’après Akcmdu9, « Normal-vs-enlarged-prostate.jpg », Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0 ; légendes traduites en français, version diffusée sous la même licence.

Il est très fréquent : plus de la moitié des hommes de plus de 60 ans ont une prostate augmentée de volume, sans que cela entraîne toujours une gêne. L’adénome ne se transforme pas en cancer, mais les deux peuvent coexister : c’est l’une des raisons de l’examen par l’urologue.

Les symptômes

  • Jet faible ou haché, attente avant que la miction démarre.
  • Sensation de vessie mal vidée, gouttes retardataires.
  • Envies fréquentes ou pressantes, le jour comme la nuit.

L’intensité de la gêne n’est pas toujours liée au volume de la prostate. Consultez sans attendre en cas d’impossibilité totale d’uriner, de fièvre ou de sang dans les urines.

Le bilan

La consultation comprend un questionnaire qui mesure la gêne (score IPSS), un examen de la prostate par toucher rectal, une analyse d’urine et, selon les cas, un dosage du PSA. Une échographie précise le volume de la prostate et la vidange de la vessie ; une débitmétrie mesure la force du jet.

Les traitements

Il n’existe pas de traitement unique. Le choix dépend de votre gêne, du volume et de la forme de votre prostate, de vos traitements (anticoagulants notamment) et de vos priorités, en particulier la préservation de l’éjaculation.

Surveillance et conseils

Si la gêne est modérée : limiter les boissons le soir, le café et l’alcool, et surveiller l’évolution.

Médicaments

Ils relâchent la prostate et le col de la vessie, ou réduisent progressivement le volume de la prostate. Efficaces sur les symptômes, certains peuvent modifier l’éjaculation.

Lorsque les médicaments ne suffisent pas, sont mal tolérés, ou en cas de complication (blocage urinaire, infections, calculs de la vessie, retentissement sur les reins), nous proposons l’une des techniques suivantes, le plus souvent par les voies naturelles, sans cicatrice :

Énucléation endoscopique (ThuLEP, BipoLEP)

Par les voies naturelles, l’un de nos deux lasers Thulium fibrés (ThuLEP) ou l’énergie bipolaire (BipoLEP) détache et retire le tissu de l’adénome, comme on retire la pulpe d’une orange en laissant l’écorce. Adaptée à tous les volumes de prostate, y compris les plus importants, avec un résultat durable et un saignement faible. Nous l’effectuons avec un matériel d’endoscopie Karl Storz de dernière génération.

À savoir : elle entraîne le plus souvent une éjaculation rétrograde (le sperme part dans la vessie), sans effet sur l’érection.

Vaporisation au laser GreenLight

Le laser vaporise le tissu prostatique qui obstrue le canal. Très peu hémorragique, elle est particulièrement intéressante chez les patients qui prennent un traitement anticoagulant. Adaptée aux prostates de volume petit à moyen.

À savoir : une éjaculation rétrograde est possible.

Implants Urolift®

De petits implants écartent les lobes de la prostate, comme on attache des rideaux, pour rouvrir le canal sans couper ni retirer de tissu. Intervention courte, en ambulatoire, prise en charge par l’Assurance Maladie.

À savoir : elle préserve l’éjaculation. Réservée à certaines prostates (volume de 30 à 80 mL, sans lobe médian), son effet peut être moins durable que celui du laser.

Résection endoscopique (RTUP)

La technique de référence : par les voies naturelles, le tissu qui obstrue le canal est retiré par petits copeaux, en énergie monopolaire ou bipolaire. Adaptée aux prostates de volume petit à moyen.

À savoir : une éjaculation rétrograde est fréquente, sans effet sur l’érection.

Adénomectomie chirurgicale

Pour les prostates très volumineuses, lorsque la voie endoscopique n’est pas la plus adaptée, l’adénome est retiré par une incision du bas-ventre (voie haute) ou par chirurgie robot-assistée, avec de petites incisions. Elle nécessite une hospitalisation de quelques jours.

À savoir : l’éjaculation devient le plus souvent rétrograde.

En vidéo : le traitement par implants Urolift®

Animation présentant le principe des implants Urolift®.

Comment choisir ?

Énucléation (ThuLEP, BipoLEP)RTUPGreenLightUrolift®Adénomectomie
Volume de prostateTous volumesPetit à moyenPetit à moyen30 à 80 mL, sans lobe médianTrès volumineux
PrincipeRetrait de l’adénomeRetrait par copeauxVaporisation du tissuÉcartement, sans retrait de tissuRetrait chirurgical (voie haute ou robot)
ÉjaculationLe plus souvent rétrogradeSouvent rétrogradeRétrograde possiblePréservéeLe plus souvent rétrograde
DurabilitéTrès bonneBonneBonneRetraitement parfois nécessaireTrès bonne

Votre urologue vous aide à peser ces éléments selon votre situation et vos attentes.

Et après l’intervention ?

Des brûlures et des envies pressantes sont fréquentes les premières semaines et s’atténuent progressivement. Il est conseillé de boire régulièrement et d’éviter les efforts importants pendant quelques semaines. Un contrôle est prévu en consultation.

Questions fréquentes

L’adénome peut-il se transformer en cancer ?

Non. L’adénome est une augmentation de volume bénigne. Un cancer peut toutefois exister en parallèle, ce qui justifie l’examen de la prostate et, selon les cas, un dosage du PSA.

L’intervention a-t-elle un effet sur l’érection ?

Les techniques actuelles n’altèrent généralement pas l’érection. Leur principal effet sur la sexualité concerne l’éjaculation, qui peut devenir rétrograde après un traitement au laser. Ce point est toujours abordé avec vous avant de choisir.

Faut-il opérer toutes les prostates volumineuses ?

Non. On traite une gêne ou une complication, pas un volume. Une grosse prostate qui ne gêne pas peut simplement être surveillée.

Les informations de cette page sont générales et ne remplacent pas une consultation médicale.

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Secrétariat : 01 64 71 55 25 · Clinique Saint-Jean l’Ermitage, Melun

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